Coaching commercial

Qu'est-ce que le coaching commercial, et comment coacher chaque call ?

Edward LabruyèreCofondateur, Midcall
8 min de lecture

Le coaching commercial, c'est l'accompagnement continu et individuel d'un sales pour l'aider à mieux vendre, à partir de la façon dont il vend réellement. C'est le levier le plus efficace d'un directeur commercial, et le moins scalable, parce qu'un manager ne peut écouter qu'une poignée de calls par semaine. Ce guide explique ce qu'est le coaching commercial, les méthodes qui marchent, comment coacher un vrai call, et comment coacher chaque call plutôt que quelques-uns.

Qu'est-ce que le coaching commercial ?

Le coaching commercial est le travail continu, en tête-à-tête, qu'un manager mène pour améliorer la façon dont un sales précis vend. Il part de situations réelles, une découverte qui a dérapé, une objection esquivée, un next step jamais verrouillé, et il travaille les écarts propres à ce sales jusqu'à ce que le comportement change au call suivant. Il est personnalisé par définition, parce que deux sales avec le même chiffre ont rarement le même problème.

Ce n'est pas une revue de pipeline, qui parle des deals. Ce n'est pas un entretien d'évaluation, qui parle du passé. Et ce n'est pas de la formation, qui parle de savoir. Le coaching commercial parle de ce que le sales fait face à un acheteur, et de la façon de le changer. Dans la plupart des équipes, le manager est le coach naturel, parce qu'il connaît le contexte, les deals et les personnes. Une équipe enablement ou un coach externe peut apporter de la méthode, mais le coaching du quotidien, celui qui fait progresser un sales, reste chez le manager.

Quelle différence entre coaching commercial et formation commerciale ?

La formation transmet un savoir à un groupe. Le produit, la méthode, le pitch, la bibliothèque d'objections, en salle ou en ligne, la même chose pour tout le monde. Elle construit le socle, et chaque sales en a besoin. Le coaching commence là où la formation s'arrête. Il est individuel, il part de ce que le sales a réellement fait sur un vrai call, et il transforme le savoir en comportement. Un sales peut réussir toutes les certifications et se figer quand même à la première vraie objection, parce que connaître la réponse et la retrouver sous pression sont deux compétences différentes. La formation donne la première. Le coaching construit la seconde.

Ce qui se rapproche le plus d'une preuve scientifique en faveur du coaching en tête-à-tête vient de l'éducation. Dans son étude de référence de 1984, Benjamin Bloom a constaté que l'élève moyen accompagné par un tuteur individuel faisait mieux que 98 % des élèves d'une classe classique, un effet de deux écarts-types, discuté depuis, jamais balayé. La leçon se transpose à la vente. L'enseignement collectif élève une équipe. L'accompagnement individuel, sur du travail réel, sépare les sales qui plafonnent de ceux qui continuent de progresser.

Quelles méthodes de coaching commercial fonctionnent vraiment ?

Les méthodes qui tiennent partagent toutes un principe, coacher à partir d'un vrai call, une chose à la fois, en questionnant avant de dire.

Le coaching sur de vrais calls est la référence. Le manager écoute un call, ou un moment du call, et débriefe sur ce qui s'est réellement passé plutôt que sur ce que le sales raconte. Toutes les autres méthodes sont des substituts à celle-ci quand on n'a pas accès au call.

Le 1:1 de coaching, tenu à l'écart de la revue de pipeline. Si chaque 1:1 devient une inspection de deals, la montée en compétence n'a jamais lieu. Une règle utile est le 70/30, le sales parle soixante-dix pour cent du temps. Si le manager parle davantage, c'est de la formation, pas du coaching.

Les questions avant les réponses. La séquence GROW, objectif, réalité, options, engagement, existe pour une raison. Un sales qui diagnostique lui-même son call s'approprie le correctif. Un sales à qui on dicte la solution obéit jusqu'à ce que le manager regarde ailleurs.

Le jeu de rôle sans enjeu, idéalement en triade où les sales alternent entre vendeur, acheteur et coach, et de plus en plus face à une simulation IA que le sales peut lancer seul. Utile pour répéter les moments durs, à condition de se rappeler que la compétence se vérifie sur le vrai call.

Une compétence à la fois. La découverte ce mois-ci, les objections le mois prochain. Un sales à qui on donne cinq choses à corriger n'en corrige aucune.

Un rythme régulier. Une cadence de coaching hebdomadaire, courte et régulière, bat une longue session une fois par trimestre.

Comment coacher un sales sur un vrai call, pas à pas ?

Voici la séquence qui fonctionne sur un seul call, et qui prend vingt minutes.

Concrètement, ça ressemble à ça. Un sales mène une bonne découverte mais ne chiffre jamais la douleur, si bien que chaque proposition bute ensuite sur le prix. Le manager choisit cette seule compétence, repère les deux moments du call où le prospect a décrit un problème et où le sales est passé à autre chose, et demande au sales ce qu'il a entendu. Ensemble, ils écrivent la question qui manquait, quelque chose comme « qu'est-ce que ça vous coûte sur un trimestre ? ». Le sales l'utilise au call suivant, le manager guette la question, et le correctif devient une habitude. C'est ça, le coaching. Le reste, c'est du commentaire.

La checklist en cinq étapes pour coacher un vrai call en vingt minutes, du choix de la compétence à la vérification au call suivant

Quelles erreurs tuent un coaching commercial ?

Six erreurs reviennent dans presque toutes les équipes, et chacune transforme discrètement le coaching en autre chose.

Le coaching qui est une revue de pipeline déguisée. La réunion s'appelle coaching, et trente minutes plus tard elle a couvert la prévision, l'état des deals et les next steps, et pas une seule compétence.

Coacher seulement le bas de l'équipe. Les sales qui font le plus bouger le chiffre sont en général au milieu, et ce sont eux que personne ne coache.

Le feedback générique. « Sois plus confiant » ou « écoute davantage » ne donne rien à faire au sales. Le feedback marche quand il désigne un moment, avec les mots qui ont été dits.

Dire au lieu de demander. Le manager livre la réponse, le sales hoche la tête, et rien ne change, parce que le sales ne s'est jamais approprié le diagnostic.

Coacher de mémoire, ou depuis la note CRM. Sans le call lui-même, le manager coache le récit du sales, pas son comportement.

Pas de suivi. Le correctif est convenu et jamais vérifié au call suivant, alors il s'évapore.

Comment mesurer l'impact du coaching commercial ?

Mesurez la compétence, pas seulement le chiffre, sinon vous ne saurez jamais si c'est le coaching qui a marché ou le marché. Deux familles d'indicateurs, lues ensemble, vous le disent.

Les indicateurs avancés, ceux que le coaching fait bouger en premier. Un score par compétence sur chaque call, découverte, traitement des objections, closing, suivi dans le temps pour chaque sales. La part des calls qui se terminent par un next step verrouillé. Le temps de parole, et la fréquence à laquelle un sales laisse passer un signal d'achat. Ils bougent en quelques semaines quand le coaching fonctionne.

Les indicateurs de résultat, ceux qui intéressent l'entreprise. Le taux de closing sur les deals qualifiés, le temps de ramp-up des recrues, l'atteinte du quota, et la rétention des sales, qui s'améliore quand les gens sentent qu'ils progressent. Ils bougent sur un trimestre, et ils ne veulent dire quelque chose qu'une fois que les indicateurs avancés ont bougé avant eux. Quand l'analyse win-loss montre la même objection mal traitée dans toute l'équipe, c'est votre backlog de coaching, et votre preuve quand le schéma disparaît.

Comment mesurer le coaching commercial, indicateurs avancés en semaines et indicateurs de résultat sur un trimestre, la compétence d'abord

Pourquoi le coaching commercial ne passe-t-il pas à l'échelle ?

Parce que la meilleure méthode est celle qui passe le moins bien à l'échelle. Coacher à partir de vrais calls demande que le manager soit sur le call, ou qu'il l'écoute après, et il n'y a qu'un nombre limité d'heures. La plupart des managers coachent de près cinq à sept personnes, et encore, sur une fraction de ce que ces personnes font.

L'arithmétique est sans pitié. Huit sales qui mènent chacun dix calls par semaine produisent quatre-vingts calls. Un manager qui en écoute trois, ce qui est déjà un engagement sérieux, a coaché moins de quatre pour cent de ce qui s'est passé. Les soixante-dix-sept autres calls ont été coachés de mémoire, depuis la note CRM, ou pas du tout. Et les sales qui ont le plus besoin d'aide, les recrues et ceux du milieu, sont précisément ceux dont personne n'entend les calls.

Ce n'est pas un problème de motivation. Tous les directeurs commerciaux le savent. C'est un plafond inscrit dans la méthode, et c'est pour ça que tant de programmes de coaching démarrent fort et s'essoufflent. La réponse n'est pas moins de coaching. C'est un coaching qui ne dépend plus des heures que le manager n'a pas.

Comment coacher chaque call, et pas seulement quelques-uns ?

Deux leviers lèvent le plafond, et ils travaillent ensemble.

Le premier, c'est de scorer chaque call, automatiquement, sur les compétences qui font basculer les deals. Quand chaque call revient avec un score sur 100 et un score par compétence, cadrage, découverte, vente de la valeur, traitement des objections et closing, appuyé sur les verbatims exacts et sur des conseils concrets pour atteindre 100 la prochaine fois, le manager ne choisit plus au hasard les trois calls qu'il va écouter. Les scores désignent le sales qui saute toujours la douleur chiffrée et celui qui perd le contrôle dès que le prix arrive, et le 1:1 démarre sur des preuves au lieu de démarrer sur des souvenirs. Le coaching devient personnalisé par construction, puisque chaque sales est coaché sur l'écart que ses propres calls montrent.

Le second, c'est de coacher pendant le call. Un sales qui reçoit la bonne question, la bonne réponse à une objection ou le rappel d'un bloc de qualification sauté, au moment où ça compte, n'a pas besoin d'attendre le débrief du vendredi pour faire mieux. Un junior opère près du niveau d'un senior dès ses premiers vrais calls, et le coaching du manager vient s'ajouter à un sales déjà aidé dans la pièce.

C'est ce que fait Midcall. Pendant un call sur Google Meet, Microsoft Teams ou Zoom, il suit la conversation et souffle la bonne réplique, une suggestion à la fois, garde le framework de qualification sur les rails, quelle que soit la méthode de l'équipe, et repère le signal d'achat que le sales s'apprête à laisser passer. Après le call, il score la conversation et chaque compétence, fait remonter les objections et la façon dont le sales y a répondu, et donne au manager une vue d'équipe avec la progression de chaque sales et les familles d'objections les plus fréquentes. Votre coaching garde sa méthode. Il cesse de dépendre des heures que vous n'avez pas, et il couvre enfin chaque call, de la première semaine d'onboarding d'une recrue au deal qui boucle le trimestre.

Deux leviers pour coacher chaque call, la bonne réplique en direct pendant le call et un score par compétence après chaque call, avec Midcall

Edward Labruyère, cofondateur de Midcall. Ancien AE SaaS B2B, cofondateur de Meteor, agence de prospection B2B. J'écris sur ce qui se passe réellement dans les calls de vente, et sur ce que les meilleures équipes en font.

Questions fréquentes

  • À quelle fréquence coacher un sales ?

    Chaque semaine, dans un 1:1 court tenu à l'écart de la revue de pipeline, plus un vrai call passé en revue par semaine. La fréquence compte plus que la durée. Vingt minutes concentrées chaque semaine font mieux qu'une session de deux heures par trimestre, parce qu'une compétence ne s'ancre que si le correctif est vérifié au call suivant.

  • Le manager doit-il coacher, ou faut-il un coach externe ?

    Le manager, d'abord. Il connaît le contexte, les deals et le sales, et il est là pour le suivi, qui est l'endroit où le coaching produit vraiment ses effets. Un coach externe ou une équipe enablement apporte de la méthode et un regard neuf, et vaut le coup sur des compétences précises, mais si le manager ne porte pas la boucle hebdomadaire, rien ne change.

  • Le coaching commercial marche-t-il pour une petite équipe ?

    Mieux que partout ailleurs, parce que le manager peut encore entendre la plupart des calls. Le plafond se fait sentir quand l'équipe grandit, et c'est exactement le moment où une petite équipe doit installer son rythme de coaching et le scoring des calls, avant que le manager manque d'heures.

  • Qu'est-ce que la méthode GROW en coaching commercial ?

    Une séquence de questions en quatre temps, objectif, réalité, options, engagement. Qu'est-ce qu'on cherche à améliorer, qu'est-ce qui s'est réellement passé sur le call, qu'est-ce que tu pourrais faire autrement, qu'est-ce que tu feras la prochaine fois. Elle garde le manager en position de questionner plutôt que de dicter, pour que le sales s'approprie le correctif.

  • Au bout de combien de temps le coaching donne-t-il des résultats ?

    Le comportement change en quelques semaines quand le coaching est précis et vérifié au call suivant. Les chiffres, taux de closing, ramp-up et quota, suivent sur un trimestre. Mesurez les compétences et pas seulement les résultats, sinon vous abandonnerez avant que les résultats arrivent.

  • L'IA peut-elle remplacer un coach commercial ?

    Non, et elle n'en a pas besoin. Elle lève le plafond. L'IA score chaque call et souffle au sales en direct, ce que le manager ne peut pas faire à l'échelle, si bien que le coaching du manager devient plus rare en volume et bien meilleur en précision, concentré sur les conversations qui demandent un humain. La méthode reste. Les angles morts disparaissent.

Midcall

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